Renaissance Numérique a rendu hier, mardi 15 juillet, à Éric Besson, secrétaire d'État au développement de l'économie numérique, son rapport intermédiaire comprenant 12 mesures pour réduire la fracture numérique.
Ce rapport est un rapport intermédiaire soumis à une consultation publique du 15 juillet au 15 septembre sur le site
www.renaissancenumerique.org.
Le rapport final comprenant les remarques des internautes et de spécialistes saisis pour avis complémentaire sur ces 12 mesures sera établi fin septembre 2008.
La page 25 concerne le C2i niveau 1 et le C2i2e
Mesure 7: inciter les enseignants à mieux utiliser les Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Education (TICE) : former et évaluer.
1. Formation des enseignants et futurs enseignants :
Cette formation commence en réalité dès les études. Il existe à l’Université la possibilité de passer le Certificat Informatique et Internet, ou C2i, qui atteste de la compétence de l’étudiant dans le domaine des NTIC, afin de le préparer à leur utilisation dans le monde du travail.
L’obtention de ce certificat est théoriquement obligatoire pour entrer à l’Institut de Formation des Maîtres (IUFM). En d’autres termes, elle concerne les lauréats du concours de Professeur des écoles (primaire), du CAPES (secondaire), de l’Agrégation (secondaire), dont certains sont aussi de futurs enseignants du supérieur.
Renaissance Numérique observe que les lauréats des concours de l’Education Nationale sont encore peu nombreux à être titulaires du C2i. Cette observation est corroborée par les faibles taux de présentation du C2i et de succès au C2i. L’objectif pour juin 2007 était de passer de 30 000 étudiants formés (dont 13000 certifiés) à 80 000 étudiants formés, sur l’ensemble des 88 universités françaises3.
Il faut donc que l’obligation d’obtention du C2i pour l’entrée à l’IUFM, qui concerne tous les futurs enseignants, quels que soient le niveau et la matière concernés, soit appliquée.Par ailleurs, lorsque les lauréats des concours d’enseignement effectuent leur année de stage dans le cadre de l’IUFM, ils reçoivent une formation à un autre certificat, le « Certificat Internet et Informatique niveau 2 : enseignant » (C2i2e en abrégé). Ce certificat les forme dans le domaine des TICE, c'est-à-dire qu’ils apprennent à utiliser leurs compétences en NTIC pour les appliquer à l’enseignement : maîtriser le tableau blanc numérique, l’agenda électronique, connaître des ressources pédagogiques numériques propres à leur matière etc…
La page 26 concerne le C2i2e et un « C2I2e d’encadrement »:
Dans les faits, cette formation occupe un volume horaire faible et tous les enseignants n’obtiennent pas leur certification : la possibilité leur est laissée de l’obtenir en formation continue lors de leurs deux premières années comme titulaires4. Etant titulaires, ils ont donc surtout obligation de se former pour améliorer leurs compétence en TICE.
Renaissance Numérique demande le renforcement de la formation C2i2e, de telle manière que les jeunes enseignants soient à l’aise avec les TICE dès le début de leur carrière. Rappelons cependant que le C2i2e a été créé en 2004, que la formation date de la rentrée 2006, la certification de la rentrée 2007. La marge de progression de la formation en C2i2e est donc importante et Renaissance Numérique la soutient.
Ce point rejoint les 27 pistes de travail d’Eric Besson : « pour réussir l’introduction des TIC dans l’enseignement et surtout développer leurs usages dans les classes,
les pouvoirs publics doivent agir sur une multitude de leviers dont les principaux sont : […]
la formation des enseignants avec l’obligation d’avoir obtenu un « certificat informatique et internet » pour l’enseignement à l’issue de leur scolarité » (p. 19.)
2. Evaluation des enseignants et futurs enseignants:
Un autre moyen de favoriser l’utilisation des TICE par les enseignants est de les évaluer sur cette compétence. Cette évaluation est à envisager sous plusieurs formes :
- Lors du passage du concours de professeur des écoles, du CAPES et de l’Agrégation, évaluation de la maîtrise des TICE par les candidats.
- Valorisation du recours aux TICE, lors des inspections notamment. Le recours aux TICE semble encore insuffisamment valorisé lorsque les enseignants sont évalués au cours de leur carrière. Il est important que leurs compétences, et plus encore leur implication, le temps consacré à la préparation de projets TICE, soient reconnus lors d’une inspection. Cette forme de reconnaissance est un moteur important ; elle valorise l’enseignant auprès de sa hiérarchie et de ses élèves.
Ces deux points convergent avec un projet mené par la sous-direction des TICE (
SDTICE), qui gère les TICE pour tout l’enseignement, du primaire au supérieur inclus. La
SDTICE a mené un mouvement de sensibilisation des Inspecteurs (IPR : Inspecteurs Pédagogiques Régionaux, qui procèdent aux inspections pédagogiques) aux TICE, pour les convaincre du bien-fondé de leur utilisation en classe et leur donner les moyens d’évaluer les compétences d’un enseignant en TICE. Cette formation se fait en accord avec les Inspecteurs Généraux (IG)
La mesure converge également avec le projet d’émergence d’un « C2I2e d’encadrement », « inclus dans la qualification des chefs d’établissement et des inspecteurs » (rapport e-educ, p. 49). En d’autres termes, ce Certificat Informatique et Internet niveau 2 pour les cadres de l’enseignement serait destiné aux chefs d’établissement ainsi qu’aux inspecteurs, pour leur permettre d’intégrer les problématiques liées aux TICE et de les valoriser.
Ainsi, la chaîne M.E.N-Inspection générale-inspection régionale-chefs d’établissement-enseignantsélèves est complète, ce qui facilite grandement le recours aux TICE et évite que les enseignants ne reçoivent d’instructions contradictoires émanant d’autorités différentes.
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rapport intermédiaire de Renaissance Numérique au format PDf - 45 pages
Dernière mise à jour : 29/08/2008